« Nous ne savions pas », assuraient les Allemands après la guerre, comme pour éluder l’énormité des crimes commis en leur nom par le régime nazi. Que savaient-ils au juste ? La propagande fabriquait-elle l’opinion ? Quelles informations filtraient hors des camps ? La population allemande adhérait-elle aux théories des bourreaux ?
S’appuyant sur des sources en grande partie inédites – coupures de presse, films et émissions de radio, rapports officiels, correspondances privées de diplomates étrangers… –, Peter Longerich apporte un éclairage essentiel à la compréhension de la Shoah. Son minutieux travail d’enquête nous plonge au cœur du quotidien de l’Allemagne entre 1933 et 1945. Un pays sous contrôle, où la politique antijuive n’obtenait l’approbation que d’un noyau dur, mais profitait de la peur, doublée d’une profonde indifférence. Un détachement coupable et, dans une certaine mesure, meurtrier.
Loin de tout sensationnalisme, Peter Longerich porte un regard édifiant sur l’un des plus grands drames du xxe siècle. Dans la lignée de Kershaw, Paxton ou Friedländer, il signe ici un monument de la recherche historique.