Une petite fille raconte le parcours du combattant de ses parents, hidalgos, venus troquer leurs rêves et leurs utopies pour échapper à la dictature franquiste. Un couple de réfugiés qui perdit ses illusions dans la démocratie. Avec ses mots d’écolière, elle explique comment Angel et Libertad, à peine arrivés en France, durent démarrer une nouvelle guerre, non plus pour leurs idées mais pour leur identité. Elle raconte surtout, avec fraîcheur et humour, comment une fillette apprivoise le déracinement, se débrouille avec ses questions de môme.

Cet exil, à hauteur d’enfant, dans un monde où les adultes sont des géants et où les sentiments, les ressentiments sont à la taille des grands, est touchant et drôle. Tout y est, de la perception enfantine du courage des parents, en passant par les lâchetés et les peurs de tous. Et puis, il y a la langue. Ce pays que l’on ne quitte jamais et qui vous ramène sans cesse d’où vous voulez ou devez partir. Et cette autre langue apprise par devoir et utilisée avec bonheur pour décrire ceux dont l’exil est le pays.