Être la proie d’une maladie du motoneurone, c’est assurément avoir offensé les dieux à un moment ou à un autre, et il n’y a rien de plus à dire. Mais s’il faut souffrir ainsi, mieux vaut une tête bien garnie. – Tony Judt

Au gré de visites nocturnes dans le chalet de sa mémoire, Tony Judt a rassemblé souvenirs et détails du quotidien jusqu’à son dernier jour, malgré la maladie. De cette inépuisable activité sont nés des fragments autobiographiques, Mémoires d’une génération. Entretissant le privé et le public, le raisonné et l’intuitif, le remémoré et le ressenti, Judt dessine un autoportrait où se déploient des décennies d’observation politique et d’engagement. De la nostalgie des traversées de la Manche à bord d’un ferry à un premier périple aux États-Unis au volant d’une Buick, des années d’étudiant à Cambridge à celles d’enseignant à NYU, s’assemblent les pièces d’un puzzle historique qui recompose le siècle dernier avec une intelligence fulgurante et une jouissive liberté de ton.