En 1971, une girafe, Snehurka, vient au monde. Son existence bascule lorsqu’elle est capturée avec une vingtaine de compagnes en Afrique et acheminée en Tchécoslovaquie. Cette « migration assistée » a pour but de créer une race supérieure, la Camelopardis bohemica, et de faire du pays un paradis où les girafes pourraient enfin courir librement. La dictature communiste bat son plein. Derrière le rideau de fer, la propagande touche aussi les animaux, pénétrant jusque dans les zoos.

Mais les girafes, ces prodiges de la nature, contractent un virus qui pourrait décimer la faune locale. Très vite, il est décidé qu’il faut enrayer et, surtout, taire cette contagion. Le 30 avril 1975, le carnage est sauvagement orchestré. Emil, le scientifique spécialiste de la circulation sanguine chez les êtres verticaux et Amina, la jeune somnambule qui travaille dans l’usine de la ville, en sont les témoins impuissants.

Ce magistral premier roman, remarquablement écrit, totalement insolite, nous transporte dans un univers onirique où la réalité n’en devient que plus envoûtante. Le sort fatal de ces animaux merveilleux met en lumière l’horreur de la dictature.