Né à Bordeaux en 1974, Harold Cobert a consacré une thèse (Mirabeau, polygraphe : du pornographe à l’orateur politique) et un essai à Mirabeau. Il est l’auteur de deux romans, dont Un hiver avec Baudelaire (Eho, 2009), qui a rencontré un vif succès. Il écrit également pour le théâtre, le cinéma et la télévision.
Du conte social au roman en costumes
Après Un hiver avec Baudelaire, qui évoque la rencontre d’un SDF et d’un chien, vous nous transportez en 1790, pendant la Révolution française. Existe-t-il un lien entre ces deux livres ?
Philippe, le héros de mon précédent roman, est un Français ordinaire, père de famille et mari sans histoires. Marie-Antoinette est reine des Français, frivole et insouciante. Ces destins sont éloignés, mais tous deux basculent brutalement : un inexorable processus de marginalisation pour l’un, une rencontre décisive qui échoue pour l’autre. Par le récit d’une existence individuelle qui est le miroir d’un problème de société, par la petite histoire qui fait chavirer la grande, je me plais à passer de l’intime à l’universel, pour parler à tous.
L’Entrevue de Saint-Cloud est inspiré d’un fait réel. Pourquoi ne pas avoir choisi le roman historique ?
J’ai préféré écrire un « roman en costumes », qui est un voyage au cœur de l’Histoire et d’une époque, mais qui ne reprend pas les codes du roman historique. Je n’ai pas fait œuvre d’historien, mais d’écrivain qui ressuscite un monde. Un vocabulaire contemporain, des anachronismes flagrants servent mon dessein : trouver dans le XVIIIe siècle tourmenté un écho à notre époque troublée.
Portrait d’Harold Cobert © Sandrine Roudeix






